Blog de la bibliothèque pédagogique François Richaudeau

Quelques références de recueils sur le thème
- La terre, l’eau, le ciel Georges Lemoine Gallimard
- Ciel et terre et ciel et terre, et ciel John Constable Jacques Roubaud
- Dans la mémoire du vent Patrick Joquel – Thibaud Guyon Lo Pais d’enfance Editions du rocher
- Sur le bord de la mer Rouge Patrick Joquel – Thibaud Guyon Lo Pais d’enfance Editions du rocher
- Tant de neige sur mon pays Marc baron Pluie d’étoiles
- Parcours immobiles Georges Jean Le dé bleu
- L’or de vivre Jean Proal Editions de l’envol
- Les villages illusoires Emile Verhaeren Labor
- Trois poèmes pour trois âges de l’eau Gérard le Gouic Telen Arvor
- Les poètes et l’univers Jean Pierre Luminet Anthologie (Le cherche midi)
- Les plus beaux poèmes sur la montagne Georges Jean (le cherche midi)
Quelques poèmes :
Il faut suivre la montagne
écouter ses saisons
lever le lièvre
puis marquer son silence.
Il faut suivre la montagne
rentrer son foin
tenir l’hiver
puis prendre la nuance
Sa contention nous pèse.
On ne prend pas le haut pays comme
on va au lait, enfant,
avec la peur d’hiver et d’abrupt
Boqueteaux de mélèzes,
roches lisses,
sentier perdu,
on ne prend jamais la montagne par le bon bout.
Il faut suivre la montagne
du regard
n’en rien faire.
Jean Proal
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J’écris le mot paysage
je regarde le mot paysage
j’écris le mot maintenant
je regarde le mot maintenant
j’ai trouvé le nom de ce que je vois
je vois un paysage maintenant
"Il n’est pas un objet
il n’a pas l’unité d’un objet
il n’est pas non plus une chose
il n’est pas un corps
je me sers de lui je l’exploite je fais de lui une matière
(…) sans moi il est perdu il n’a pas d’existence"
Michaël Batalla
Paysages maintenant postface de Michel Collot éd. Jean-Michel Place
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Le plat pays
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l'est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d'ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire, quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud, écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien.
Jacques Brel
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un arbre dans le matin
et trois nuages pour la beauté
l’herbe tremble presque rien
je vais peindre sur du papier de soie
le vent quelle couleur ?
et la pluie si elle vient ?
la terre tourne lentement
on voit juste bouger les feuilles
les secondes vont au rythme du cœur
je suis au monde
j’ai le temps
Marc Baron
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La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
A la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard L’amour la poésie
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Dans ce jardin
un siècle
de feuilles mortes !
Vieil étang
au plongeon d’une grenouille
l’eau se brise
Aux admirateurs de lune
les nuages parfois
offrent une pause
Bashô
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Etoiles
En savez-vous
Plus que moi
Sur l'espace ?
Etoiles
Ne m'attendez pas.
Mon corps n'est pas fait
Pour vos terres.
Ne venez pas vers moi
Etoiles et planètes,
Ma terre me suffit.
Guillevic
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Ici
l'envers du vent
se lit dans la mer
et par temps bleu
l'envers des courants
sinue sur le toit horizontal des nuages.
Seule l'île
est sans miroir ni contraire.
Ici
tout se superpose:
la mer, le ciel,
l'orange plate du soleil,
les nuages et l'écume autour des rochers,
le sel.
Seule l'île déchire.
Ici
l'île ne s'entoure pas de sable
mais de galets
comme les caillots de ses blessures.
Ici
n'existe aucun paysage,
seulement des courbes de partage:
celles de l'eau, de la lumière,
celle des peupliers marins
plantés le long des routes océanes.
Ici
Les femmes ne quittent jamais l'île.
Quand on leur parle des continents
elles croient qu'il s'agit encore de la mer
Ici
les hommes meurent rarement dans l'île,
le cimetière
pour eux est une île étrangère
dont ils n'entreprennent jamais le tour.
Ici
les hommes interrogent les vagues,
puis le feu des phares
dès que la nuit tombe.
Pendant leur repos
seul le sommeil d’une femme
les tranquillise.
Poème de l'île et du sel.
Ed Telen Arvor
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Ciel et terre, et ciel et terre, et ciel (extrait)
Ayant assemblé tout ce qu’il avait pu trouver de ces images, il les disposa dans l’ordre de leur composition et se plongea dans la contemplation. Elles ne contenaient pour ainsi dire que du ciel ; rien que du ciel ; et des nuages. C’étaient des nuages révolus, des nuages qui avaient un moment passé sur les hauteurs londoniennes plus d’un siècle avant qu’il les regarde, et pourtant c’étaient des nuages de toujours. Constable avait eu une préférence évidente pour les cumulus, pour leur allure, pour leur lenteur, pour leur certitude, pour leur majesté arrondie, cotonneuse, nautique ; et cela aussi trouvait en M. Goodman un écho inattendu et profond.
Mais ce qu’il découvrit peu à peu en s’étant imprégné pendant des mois de leur spectacle, ce qui le frappa le plus fut ceci : dans l’intervalle de temps que Constable consacrait à une de ses expériences quotidiennes de « skying », de « prise de ciel », ces étés-là, les nuages, évidemment, changeaient. Aucune de leurs formes ne demeuraient la même longtemps. Entre l’instant où il commençait à peindre et celui où il s’arrêtait, aucun nuage n’était resté reconnaissablement le même sur Hampstead Heath. Et il n’avait même pas cherché les moments de calme, où ils faisaient preuve d’une stabilité relative. Il avait noté ici ou là sur l’arrière des images que le vent « était très vif », ou que les nuages « couraient à vive allure » dans le ciel. Il en résultait que ce qu’il avait tenté de faire n’était pas de représenter, aussi fidèlement que possible, un état instantané, photographique, du ciel ; mais au contraire d’y inscrire ce que la photographie, alors en train de naître, ne pouvait pas donner à voir, une condensation du changement des nuages, du changement de la lumière ; une mémoire du ciel, pas son souvenir.
Jacques Roubaud, John Constable
Editions Argol
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Tant de neige sur mon pays (extraits)
Marc Baron
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Que sais-tu des rêves du lézard (extraits)
Patrick Joquel
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